Les propos d’Hervé Kempf …

Ce chapitre traite « du gouvernement invisible », celui contrôlé par les oligarques qui maîtrisent les moyens de communication pour s’assurer de reproduire l’insignifiance.   Hervé Kempf explique comment les oligarques maintiennent les esprits dans l’ignorance des enjeux fondamentaux de notre planète.  Il y va de  la concentration de la propriété  des grands médias, où  la télévision trône pour remplacer la réflexion et l’esprit critique.  La consommation passive  de contenus sans susbtance.  Le contrôle des esprits passe par la consommation de spots publicitaires par centaines. Pire que la perte de sens qu’ils véhiculent, les contenus télévisés exacerbent l’individualisme.  Le recul est majeur, en ce sens qu’en ce faisant, les oligarques entretiennent et valorisent une société sans démocratie .    En effet, au centre du contrôle des médias, et des contenus, il y a surtout la rupture des relations entre les êtres humains.  L’auteur propose quelques exemples, notamment l’émission popularisé  « Loft story » où des millions de téléspectateurs consomment des modèles relationnels  fades, primaires et aussi « petit » qu’on peut l’imaginer.  « Petit » parce qu’au niveau le plus bas de la réflexion.  Toujouts selon Hervé Kempf, la rupture dans les relations entre les personnes, l’absence de « collectif » est au coeur du problème.  Il est le symptôme d’une démocratie en crise. La dimension politique de la société est occultée  par l’enfermement et le repli sur soi.  L’Homme est seul dans son auto pour se rendre au travail, seul devant la télévision la soirée durant, seul à la recherche  du  bonheur dans  la consommation, là où se manifeste le vide de sens.  Sans relations, pas de collectif, pas de projet de société  et pas d’orientations  politiques.   Kempf suggère que ce sont les oligarques qui décident des contenus à faire consommer, les enjeux de société étant volontairement extraits des programmations des médias par ces mêmes oligarques.  Cela se traduit par l »absence d’émissions d’informations concernant des sujets déterminants pour l’avenir de la planète, notamment celui sur la crise environnementale.  

‘Mes propos: Une société en perte de sens ?

Ce chapitre m’inspire Baudrillard.  Non pas par la ressemblance avec la posture intellectuelle de Kempf, au contraire.  Mais par leur insistance à dénoncer le pouvoir des médias dans le contrôle des esprits qui conduit à l’inertie et à l’association du bonheur dans la consommation. Alors que Kempf s’inspire de l’exemple de Loft Story comme une forme de tribu vivant des rapports prédéterminés, des rapports factices, Baudrillard consacrait plusieurs chroniques à l’émission « Loft Story », dans Libération en 2001.  Il écorchait sans retenu les médias.  La ressemblance entre Baudrillard et Kempf s’arrête là, quoique ce soit déjà beaucoup.  Dans La société de consommation de Baudrillard, parue en 1970, avant sa rupture avec le marxisme, il soulevait ce danger du « bonheur dans la conssommation ».  Longuement, il élaborait sur la contribution fondamentale de l’automobile,  manifestation éloquente et majeure de l’individualisme et du sentiment de puissance qu’elle induit.   

Il vaut la peine de s’attarder sur une différence entre eux.  Pour Baudrillard,  les objets  sont un système de représentations qui n’est pas et ne sera jamais objectif, pas plus qu’il n’est réel.  Il n’existe que « des » signes, « des » représentations, « des » sens.  De là,  la manipulation des signes, des objets, des représentation et donc, des esprits par des élites.  Retenons qu’il n’y a rien de réel. Baudrillard suggère que  l’expansion du capitalisme produit le germe de sa destruction.  Chez Kempf, les oligarques sont conscients du contrôle qu’ils exercent sur les médias et sur la population en général. Les oligarques font un choix puisqu’ils décident ce qui est bon pour tous.  Ils décident de ce qui est réel, celui décidé par les oligarques. 

Monsieur Kempf, le monde n’est pas une moyenne statistique

Je n’abonde ni dans un sens, ni dans l’autre.  Je pense que la position de Kempf tend au déterministe.  Son portrait de la société est un bloc homogène, des personnes toutes pareilles, vivant les mêmes habitudes, manipuléee, sans pouvoir de réflexion et d’action.  À grands coups de statistiques, les populations sont cadenassées dans une moyenne.  Il faut voir de plus près.   Une part importante de citoyens, davantage chez les jeunes, n’écoute plus la télévision.   Plusieurs sont dans twitter, facebook, en train de clavarder et envoie des textos en discutant.  Ils  « clickent » sur plusieurs idées, allant de l’une à l’autre en quelques minutes.  

De plus, d’autres mouvements sociaux se sont créés et sont biens vivants, différents des « anciens ».  Certains groupes en action dans la société proposent des alterntives, pas à la manière ancienne en criant des slogans et en manifestant dans les rues, mais plutôt en développant des projets concrets.  Justement, j’en rencontrais une soixantaine  cet après-midi dans un petit auditorium où il n’y avait plus d’oxygène tellement les participants persistaient à continuer.  Une soixantaine de jeunes qui veulent refaire le monde en collectivisant des terres pour les exploiter sous la forme de fiducies coopératives agricole, pour répondre à des besoins de proximité. Ils portent un rêve.

Toujours, dans une approche globalisante, Kempf égratignent les boomers sans trop de ménagement.  Pour ma part,  les boomers ne sont pas tous riches et en santé.    Ils sont une génération plus nombreuse sur le plan démographique et cela a eu des conséquences sur la suite du monde. C’est un fait.  Cela ne fait pas d’eux un seul modèle uniforme.  Certes,  la génération qui suit a écopé du manque de travail et de revenus.  J’en suis. Cependant, pour ma part, ils ont manifesté de la générosité et de la patience à expliquer et à partager le rêve d’un monde plus équitable, solidaire et démocratique.  Cela m’a nourri plus profondément que de consommer.

Prochain chapitre, Pourquoi ne se rebelle t-on pas ?  à bientôt donc….

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Propos de l’auteur…

Le titre est choisi avec justesse: « La politique du capital« .  Hervé Kempf éclaire le lecteur, dans son style maintenant connu, sur  la séparation entre le monde politique et le capital.  La cloison n’est plus étanche, elle s’est amincie à ce point qu’elle n’y paraît plus, même en façade.  S’il y a tentative de camouflage, cela n’y paraît pas puisque les exemples sont éloquents, abondamment  illustrés dans tous les pays.  Le politique et le capital font maintenant bon ménage et ce qui conditionne le respect du bien commun n’est plus. 

Qu’ils appartiennent à la faction de droite ou de gauche, Hervé Kempf décrit un phénomène, soit une panoplie de hauts dirigeants occupant des fonctions politiques stratégiques, se muer ensuite en lobbyistes  de grandes entreprises.  Quelques années au sein des hautes instances gouvernementales et le tour est joué.  Kempf décrit leurs profils et leurs cheminements.  Inversement, des millionnaires et des milliardaires deviennent politiciens, sans gêne quant à leurs relations entre les activités de l’État et le gonflement de leur fortune  privée.  Les exemples foisonnent, portant sur des entreprises publiques privatisées « aux profits » du privé, vendues à prix dérisoire. L’éclairage porte sur le processus de marchandisation de la sphère publique aux mains des privés, les grands de ce monde, des « dieux » comme les appelle Kempf.  Celui-ci n’hésite pas à parler  d’abus d’une charge publique à des fins d’enrichissement personnel. 

Transport, télécommunications, électricité, autoroute, tout passe à la privatisation. Ce que rapporte Hervé Kempf porte un nom: corruption !  Détournement de fonds publics aux mains des Dieux. Ce sont des prédateurs qui démantèlent l’État, petit à petit, sournoisement, abaissant les budgets liés aux services pour les réintroduire dans le domaine privé.  L’auteur conclut par une dénonciation portant sur le financement des partis politiques en contrepartie de « nouvelles » lois  favorisant les donateurs, ces grandes entreprises plus généreuses. ……  Fin du chapitre troisième !

Gaz de schiste, Lucien Bouchard, corruption, syndicats…  et autres de ce genre 

Le ton est alarmiste et  le focus présente le phénomène dans sa partie et sans nuance.  J’en conviens.  Cependant, je ne peux taire l »actualité au Québec.  Le déclic est immédiat.  Surle thème du lobby par les hauts dirigeants, le gâteau québécois est bien garni: L’industrie du gaz de schiste appelle à la rescousse l’ancien premier ministre péquiste Lucien Bouchard.  L’article paru dans le journal Les Affaires le 25 janvier dernier laisse peu de doute sur l’existence du phénomène décrit  par Kempf. L’Association pétrolière et gazière du Québec (APGQ) annonçait la nomination de M. Bouchard au poste de président de son conseil d’administration. Double illustration puisque Lucien Bouchard prenait le relais d’André Caillé, lui-même ex-pdg d’Hydro-Québec, notre belle société d’État.  Les groupes de pression et les environnementalistes avaient eu raison de lui, étant surmené suite à une tournée d’assemblées publiques d’information visant à démythifier l’exploitation des gaz de schiste. Comme quoi Dieu peut s’épuiser… même fortuné.  Quant à Lucien Bouchard, qui fut Premier ministre du Québec de 1996 à 2001, je rappelle qu’il fut également  ministre fédéral de l’Environnement (avant d’être indépendantiste).   Le même article précise que Son arrivée à la tête du lobby de l’industrie gazière va assainir le débat, pense la ministre des Ressources naturelles, Nathalie Normandeau.   Est-ce véritablement de la naîveté ?

J’ajoute, toujours dansl ‘actualité québécoise, les allégations répétées  portant sur les  contrats de construction des municipalités au Québec.  Allégations qui suggèrent une collusion entre les entrepreneurs et leurs amis politiques qui auraient  conduit à une inflation des prix. La Fédération des travailleurs du Québec était dans la mire alors que de nombreux patrons de la construction étaient soupçonnés de collusion avec de nombreux patrons de la construction.    « Dans l’oligarchie, on est entre amis: présidents, procureurs, milliardaires, ministres, tous amis… » cité de Kempf.

Quelques uestions à méditation

Est-ce un phénomène véritablement nouveau ?  Est-il plus spectaculaire qu’il ne le fut auparavant ? Répondre non donnerait un signal que la démocratie est plus transparente qu’elle ne l’était.  Ou encore que l’on s’indigne de moins en moins et que l’indifférence s’est installée.  Mais l’indifférence…

Au moment de mes études de baccalauréat, dans les années 1980, le dicours de Kempf était tout aussi courru.  Même que dans mon cours sur les Institutions politiques, la moitié des étudiants était de « de gauche » et l’autre moitié était qualifié de « droite » à défaut de se positionner.  Ceux qui se réclamaient de la « gauche » se régalaient du Capital et perlait bien fort pour remettre en cause la bourgeoisie économique… dont ils provenaient d’ailleurs. Je me souviens… c’était épeurant…à voir tellement ils maitrisaient la langue.  Ce discours me semble être moins d’actualité, quoiqu’il soit encore vivant. Alors, la question se pose: qu’est-ce que le discours de Kempf  apporte de nouveau ?  Il semble parler d’un virage à partir des années 1980.  J’ai un doute.

 Assurément, les politiciens, les petits et les gros,  n’ont pas la cote actuellement.  Ils font l’objet de méfiance comme jamais auparavant.   Certains n’y croient plus, d’autres semblent indifférents, la majorité semble-t-il.

 Je repose la question: que signifierait se mettre en « mode solution »  si les instances de pouvoirs sont moins attrayantes?   Je me réserve le dernier chapitre, après avoir lu le volume de Kempf , pour élaborer sur ce sujet.  Car je ne peux pas prétendre que Kempf n’apportera pas d’alernatives avant la fin, n’est-ce pas ! 

Rendez-vous donc au chapitre quatrième…. sur « L’art de la propagande« 

De but en blanc,Hervé Kempf affirme que l’oligarchie règne sur le monde actuel.   L’oligarchie y est démontrée, chiffrée, emmurée , dans une société où  l’argent et le marché sont les vertus.  Rien de vertueux pour Kempf.. surtout pas la vertue elle-même,  critère à éviter pour choisir le meilleur mode de  gouvernance !  

  L’Homme vertueux…Le chapitre second est une démonstration chiffrée de l’existence de cette oligarchie à la gouverne du monde actuel.  Tous les Hommes sont bons, c’est le système qui les dépraveraient et les rendraient mesquin, expose Kempf, en référence à Hérodote.  Le coeur de sa démonstration repose sur une hausse sans précédent des écarts entre les plus riches et les plus pauvres à partir des années 1980.  Kempf parle  de « démocratie sans le peuple« , les puissants décidant entre eux du sens de l’humanité.  C »est au sein du Forum économique mondial, réuni à Davos, que  l’oligarchie se manifeste le plus clairement.  Outre les grands détenteurs de capitaux, on y retrouve les médias, syndicats, ONG, universités et acteurs politiques. Ces oligarques seraient à la source du développement de l’endettement et de la spéculation qui s’ensuit, responsables qu’ils sont de la crise de 2007.  Hervé Kempf expose comment les oligarques s’y prennent pour y arriver.  Et il boucle la boucle sur deux valeurs qui guident le monde; l’argent et le marché.  C’est ainsi que Kempf conclut sur l’échec de l’Homme vertueux.  

Je questionne  …  En premier lieu, ce basculement de la victoire des oligarques laisse supposer que tous les modes de gouvernance d’entreprises se valent. Je maintiens que non. En second lieu, l’auteur suggère que  l’effritement de la cohésion des salariés en plusieurs groupes éparses, explique la perte de démocratie.  Selon moi, la réalité diffère.  Je m’explique.

 « Des » modes de gouvernance  d’entreprises.   Le 26 janvier dernier, mon attention était attirée par un article  paru dans Le Devoir, section « Économie » intitulé: Yvan Allaire propose une petite révolution aux grands de ce monde.  .On y lit que le président du conseil de l’Institut sur la gouvernance d’organisations privées et publiques (IGOPP), Yvan Allaire, dépose 11 propositions destinées à être discutées au Somment économique de Davos du 26 au 30 janvier.   Les recommandations visaient à dépasser le diktat du court terme imposé par le marché et à transformer les entreprises en agents créateurs de valeurs à long terme pour l’ensemble de la société.  16 leaders mondiaux des milieux des affaires américain, européen et asiatique ainsi que du milieu universitaire faisaient partie du groupe de travail. Monique Leroux, présidente et chef de la direction du Mouvement Desjardins,soit la grande coopérative financière au Québec, est l’une des personnalités québécoises  à siéger au sein de ce comité.  Que signifie « penser à long terme » pour l’entreprise ? Cela suppose nécessairement deréfléchir sur la vision d’un projet de société  ! Pour l’entreprise dont le mode de gouvernance est à très court terme, voir loin remet en cause la dérèglementation des marchés prévalant à partir des années 1980. Car, même si elles sont toutes dans le marché, les entreprises ne réfèrent pas toutes au seul  modèle de gouvernance capitaliste.  Le Québec, par exemple, renferme des modèles de gouvernance d’entreprises fort diversifiés.  On y retrouve des  sociétés d’État, des grandes et petites coopératives, des organismes à but non lucartifs, des pme et de grandes entreprises.  Sur le plan économique, le Québec a mieux traversé la crise que ses voisines, les provinces et les États-Unis.  Pour leur part, les coopératives, comme les société d’État, sont tenus d’appliquer des règlementations qui protègent les citoyens ou les membres, dans le cas des coopératives.  Ces modèles se caractérisent par un encadrement juridique qui repose sur des valeurs de bien commun ou sur la réponse aux besoins.  Ainsi, la pluralité des modes de gouvernance d’entreprises, ou si l’on veut, des modèles d’entreprises, constitue en soi une transformation « de l’intérieur ». Cette diversité de formes de gouvernance reflète une pluralité de valeurs mais aussi, comme le démontre clairement l’entreprise coopérative, la mise en place de lois et de règles confirmant les valeurs  choisies. 

 Deuxièmement, la plate-forme citoyenne.  À partir des années soixante, l’idée maitresse portant sur le changement social est qu’il découle principalement de l’action des mouvements sociaux; syndicats, mouvements communautaires, groupement de femmes, etc.-Selon Kempf, ce contre-pouvoir se serait effrité ou encore, ferait  aujourd’hui partie du groupe des  oligarques,.  À mon sens, cette analyse réduit la réalité en occultant certains phénomènes susceptibles de définir l’avenir.   Des enjeux font consensus dans la société actuelle alors .  Il existe que les plate-formes citoyenne se multiplient, qui sont des  lieux de mobilisation, tant pour les citoyens, que pour les groupes d’intérêts. Les enjeux du vieillissement de la population, les politiques environnementales et l’équilibre écologique,  l’avenir de nos territoires ou de la relève et l’immigration dans les pays occidentaux sont tous des défis qui touchent l’ensemble des groupes et de la société.    Des acteurs d’origine multiples se prononcent sur ces enjeux et défis.    L’heure est aux propositions.

La dernière page était fermée.  Je venais de terminer le livre de Kempf Pour sauver la planète, sortez du capitalisme ! C’était l’an dernier  début 2010.  J’ai retenu deux choses de ce premier contact avec la pensée de Kempf.  Un, si j’avais lu ce livre à 23 ans, Emmanuel et Sophie n’auraient pas foulé ce monde.  Je n’aurait pas eu d’enfants.  La planète n’en valait pas la peine, le monde étant corrompu, décidé par des possédants et la tâche trop ardu.  De toute façon, nous nous dirigions vers la catastrophe, l’être humain vers sont autodestruction, chiffres à l’appui.  Secondo, que la coopération rend heureux.  Ah tient ! Un soupçon d’espoir.  Quelques petites pages que j’ai lu  lentement, pour me réconforter.   Kempf  raconte qu’il traversait le fleuve St-Laurent, de Québec à Lévis, sur le traversier lorsque lui vint l’inspiration d’un autre monde possible: un monde passant par la coopération.  De fait, sur le traversier entre Québec et Lévis figure une modeste exposition sur l’historique de la coopérative financière Desjardins.  On y trouve quelques vieilles photos de travailleurs (1906) désireux de prendre leur destinée en main, une autre photo d’Alphonse Desjardins lui-même, seul, devant son bureau de travail, une photo d’Omer Gouin pas très loin, premier ministre du début du siècle, s’étant assuré d’introduire les mesures légales pour soutenir le développement des caisses populaires.  Toutes les conditions y étaient; le peuple, un leader, un appui politique.  OUF ! Cette modeste exposition sur le traversier a donné une lueur d’espoir aux propos noirs de Kempf.  La coopération rend heureux !  Et Kempf d’expliquer que la coopérative est un modèle intéressant.  Pour moi…. coopératrice dans l’âme, le salut du monde était assuré.  OUF ! 

Passons donc au dernier né d’Hervé Kempf; L’Oligarchie ça suffit, vive la démocratie.  

En exorde du volume, un très beau texte  porte sur le miracle grec, celui où naquit l’idée dans l’esprit des hommes que ni la nature, ni le divin, ne devaient décider du sort des êtres humains. 

Propos de Kempf  sur le chapitre premier intitulé; La tentation autoritaire.  C’est un avertissement que Kempf sert au lecteur: la démocratie est en danger, les discours de tous les groupes le démontrent.  Différents groupes de la société proposent un discours qui remet en cause la démocratie.  Pour les « verts »,  les États agissent en fonction de leurs électeurs qui ne veulent pas des mesures trop contraignantes pour protéger la planète.  Puisque les élus visent leur réélection, ce ne sont pas les élus qui prendront les mesures qui s’imposent.  Il faut donc que les bien-pensants détiennent un pouvoir  pour éviter la catastrophe écologique annoncée.  Pour les détenteurs de capitaux, les riches, une saine économie conduit au bien-être collectif.. au bonheur.  Il faut donc que l’État n’intervienne pas à « contre-sens » de la croissance économique.  Une classe économique doit donc décider -Kempf réfère ici à la Trilatérale pour documenter cette position.  Pour dire finalement que plusieurs discours actuels remettent en question l’intelligence collective, et que ces discours passent plutôt bien, trop bien, beaucoup trop bien.  Prenant à partie les écrits de Joseph Schumpeter (1947), Kempf décrit la pensée derrière cette justification qui propose que la « stupidité collective » justifierait le contrôle et le pouvoir d’un groupe sur la société toute entière. Fait à noter, pour Kempfs, les syndicats y figurent aussi comme une puissance économique parmi les groupes dominants.

Propos de Marie-Joëlle Brassard sur le chapitre premier La tentation autoritaire J’ai pensé immédiatement à Jonh Keneith Galbraith – Le Nouvel état inustriel: 1967 – qui a analysé les mutations du système économique depuis les années 50. Galbraith pose une analyse critique du capitalisme, mais sous un angle différent.  Ce que soutient Galbraith, c’est plutôt que les décisions n’appartiennent pas plus aux élus qu’aux détenteur de capitaux, mais plutôt à une catégorie de gens qui se distinguent et s’imposent par leurs connaissances technologiques et organisationnelles: les gestionnaires (ou managment).  Il s’agit de la technostructure, terme inventé par Galbraith. Il s’agirait d’une technocratie économique que l’on retrouve dans tous les groupes de la société.  En fin de compte, il n’y aurait plus de démocratie depuis longtemps, pas même pendant la belle période de mobilisations marquée par « mai 68 », soulignée par Kempf.  En dernière instance  Galbraith précise que l’État sert les intérêts de la grande entreprise en maintenant la demande par ses mesures de soutien aux démunis, ce qui est typiquement keynésien, on s’entend !

Comme je suis optimiste, et qu’il serait trop cruel de vivre si la démocratie n’existait pas ou plus, j’introduis une interrogation…  pour alimenter la réflexion.  La démocratie ne serait-elle pas possible qu’à petite échelle ?  Prenons l’exemple du modèle coopératif, soit une entreprise dirigée par ses membres, ces derniers disposant d’un pouvoir égal pour chacun, indépendamment du capital détenu, reposant sur une redistribution équitable des revenus, et dont le socle est la solidarité.  Imaginons une multitude de ces entreprises coopératives qui exercent des activités dans tous les secteurs d’activités, en respect des valeurs démocratique et d’égalité ! La démocratie existerait-elle alors de façon diffuse, dans les pratiques quotidiennes ?   

CHERS LECTEURS. je vous pose une question:  La démocratie peut- t-elle résulter d’une multitude de petites expériences, dans les pratiques,  ici et là, expériences qui transforment le monde « sous l’eau qui dort » ?  Ou autrement, vivons-nous dans un monde ou l’exercice de la démocratie est un leurre du fait qu’elle est « détenue » par les grandes puissances ?

À vous la parole !

La démocratie est à l’ordre du jour, à défaut d’être, … d’être simplement.  Les égyptiens sont à la une ! Vive la démocratie… l’oligarchie ça suffit ! Tel est le titre du volume d’Hervé Kempf.  Évocateur n’est-ce pas !  Davantage encore à la lecture de l’actualité sur ce qui se passe en  Égypte.   Comment peut-on, à la fois, applaudir la démocratie et l’avoir baillonnée pendant les 30 dernières années ?  Du jour au lendemain… le discours bascule.  Les États-Unis s’accomodaient de relations « amicales » avec le dictateur Moubarak,  et l’Europe en faisait autant, quoique moins subtilement…  Nos consciences, à toutes et à tous, se trouvent réconfortées par les explications des journalistes « informés ».  Trop risqué l’extrémiste islamiste ! Trop risqué de remettre en cause la stabilité au Moyen Orient ! Les puissants devaient s’assurer de maintenir une relative stabilité dans le monde arabe. « Sécurité » d’Israël oblige !  Comment peut-on affirmer aussi gentiment que les puissants étaient « obligés » d’appuyer une dictature ?  Question de géopolitique.  Toujours pour réconforter les consciences, les médias proposent de traiter  du soulèvement des égyptiens sous l’angle de l’effet domino : sur l’Algérie, le Yémen, la Jordanie, la Syrie…   Vive la démocratie ! Qu’est-ce qui justifie que des États basculent d’un discours à l’autre si aisément ?   Ne devrions-nous pas aborder la question sous l’angle de l’économie ? ou encore dans sa dimension sociale ? C’est ce que tend à démontrer Hervé Kempf  dans son livre, paru en janvier 2011  L’oligarchie ça suffit, vive la démocratie.      Quand on sait que le complexe industriel de l’armée égyptienne est soutenu à raison de 1,3 Milliard $ par année et ce, uniquement pour l’acquisition d’équipements !   à suivre….

Nouvelle passionnante.  Marie-Joëlle (alias Gazelle), a créé son blogue intitulé Rencontre avec Hervé Kempf.  D’ici au 2 mai prochain, date où nous aurons la chance de rencontrer Hervé Kempf en personne, vous pourrez suivre mes réflexions au fur et à mesure de la lecture de son nouveau volume intitulé L’oligarchie ça suffit, vive la démocratie.

Lecteurs et lectrices, 

Le 11 février 2011.  Je débute la lecture du volume d’Hervé Kempf dès demain 8h, volume intitulé L’oligarchie ça suffit, vive la démocratie.  Samedi, journée annoncée comme devant être ensoleillée, je me réjouis de ma décision.  Ma collègue, près de moi, m’accompagne dans l’apprentissage technologique.  Nous remercions tous Marie-Paule Robichaud, grâce à qui vous pouvez et pourrez me lire d’ici le 2 mai prochain, jour « J » où nous pourrons rencontrer Hervé Kempf en personne.  À très bientôt donc !