Propos sur le quatrième chapitre, l’art de la propagande

Publié: 9 avril 2011 dans Uncategorized
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Les propos d’Hervé Kempf …

Ce chapitre traite « du gouvernement invisible », celui contrôlé par les oligarques qui maîtrisent les moyens de communication pour s’assurer de reproduire l’insignifiance.   Hervé Kempf explique comment les oligarques maintiennent les esprits dans l’ignorance des enjeux fondamentaux de notre planète.  Il y va de  la concentration de la propriété  des grands médias, où  la télévision trône pour remplacer la réflexion et l’esprit critique.  La consommation passive  de contenus sans susbtance.  Le contrôle des esprits passe par la consommation de spots publicitaires par centaines. Pire que la perte de sens qu’ils véhiculent, les contenus télévisés exacerbent l’individualisme.  Le recul est majeur, en ce sens qu’en ce faisant, les oligarques entretiennent et valorisent une société sans démocratie .    En effet, au centre du contrôle des médias, et des contenus, il y a surtout la rupture des relations entre les êtres humains.  L’auteur propose quelques exemples, notamment l’émission popularisé  « Loft story » où des millions de téléspectateurs consomment des modèles relationnels  fades, primaires et aussi « petit » qu’on peut l’imaginer.  « Petit » parce qu’au niveau le plus bas de la réflexion.  Toujouts selon Hervé Kempf, la rupture dans les relations entre les personnes, l’absence de « collectif » est au coeur du problème.  Il est le symptôme d’une démocratie en crise. La dimension politique de la société est occultée  par l’enfermement et le repli sur soi.  L’Homme est seul dans son auto pour se rendre au travail, seul devant la télévision la soirée durant, seul à la recherche  du  bonheur dans  la consommation, là où se manifeste le vide de sens.  Sans relations, pas de collectif, pas de projet de société  et pas d’orientations  politiques.   Kempf suggère que ce sont les oligarques qui décident des contenus à faire consommer, les enjeux de société étant volontairement extraits des programmations des médias par ces mêmes oligarques.  Cela se traduit par l »absence d’émissions d’informations concernant des sujets déterminants pour l’avenir de la planète, notamment celui sur la crise environnementale.  

‘Mes propos: Une société en perte de sens ?

Ce chapitre m’inspire Baudrillard.  Non pas par la ressemblance avec la posture intellectuelle de Kempf, au contraire.  Mais par leur insistance à dénoncer le pouvoir des médias dans le contrôle des esprits qui conduit à l’inertie et à l’association du bonheur dans la consommation. Alors que Kempf s’inspire de l’exemple de Loft Story comme une forme de tribu vivant des rapports prédéterminés, des rapports factices, Baudrillard consacrait plusieurs chroniques à l’émission « Loft Story », dans Libération en 2001.  Il écorchait sans retenu les médias.  La ressemblance entre Baudrillard et Kempf s’arrête là, quoique ce soit déjà beaucoup.  Dans La société de consommation de Baudrillard, parue en 1970, avant sa rupture avec le marxisme, il soulevait ce danger du « bonheur dans la conssommation ».  Longuement, il élaborait sur la contribution fondamentale de l’automobile,  manifestation éloquente et majeure de l’individualisme et du sentiment de puissance qu’elle induit.   

Il vaut la peine de s’attarder sur une différence entre eux.  Pour Baudrillard,  les objets  sont un système de représentations qui n’est pas et ne sera jamais objectif, pas plus qu’il n’est réel.  Il n’existe que « des » signes, « des » représentations, « des » sens.  De là,  la manipulation des signes, des objets, des représentation et donc, des esprits par des élites.  Retenons qu’il n’y a rien de réel. Baudrillard suggère que  l’expansion du capitalisme produit le germe de sa destruction.  Chez Kempf, les oligarques sont conscients du contrôle qu’ils exercent sur les médias et sur la population en général. Les oligarques font un choix puisqu’ils décident ce qui est bon pour tous.  Ils décident de ce qui est réel, celui décidé par les oligarques. 

Monsieur Kempf, le monde n’est pas une moyenne statistique

Je n’abonde ni dans un sens, ni dans l’autre.  Je pense que la position de Kempf tend au déterministe.  Son portrait de la société est un bloc homogène, des personnes toutes pareilles, vivant les mêmes habitudes, manipuléee, sans pouvoir de réflexion et d’action.  À grands coups de statistiques, les populations sont cadenassées dans une moyenne.  Il faut voir de plus près.   Une part importante de citoyens, davantage chez les jeunes, n’écoute plus la télévision.   Plusieurs sont dans twitter, facebook, en train de clavarder et envoie des textos en discutant.  Ils  « clickent » sur plusieurs idées, allant de l’une à l’autre en quelques minutes.  

De plus, d’autres mouvements sociaux se sont créés et sont biens vivants, différents des « anciens ».  Certains groupes en action dans la société proposent des alterntives, pas à la manière ancienne en criant des slogans et en manifestant dans les rues, mais plutôt en développant des projets concrets.  Justement, j’en rencontrais une soixantaine  cet après-midi dans un petit auditorium où il n’y avait plus d’oxygène tellement les participants persistaient à continuer.  Une soixantaine de jeunes qui veulent refaire le monde en collectivisant des terres pour les exploiter sous la forme de fiducies coopératives agricole, pour répondre à des besoins de proximité. Ils portent un rêve.

Toujours, dans une approche globalisante, Kempf égratignent les boomers sans trop de ménagement.  Pour ma part,  les boomers ne sont pas tous riches et en santé.    Ils sont une génération plus nombreuse sur le plan démographique et cela a eu des conséquences sur la suite du monde. C’est un fait.  Cela ne fait pas d’eux un seul modèle uniforme.  Certes,  la génération qui suit a écopé du manque de travail et de revenus.  J’en suis. Cependant, pour ma part, ils ont manifesté de la générosité et de la patience à expliquer et à partager le rêve d’un monde plus équitable, solidaire et démocratique.  Cela m’a nourri plus profondément que de consommer.

Prochain chapitre, Pourquoi ne se rebelle t-on pas ?  à bientôt donc….

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commentaires
  1. M. Kempf soulève bien la question de l’utilisation de la télévision comme instrument de propagande aux mains d’oligarches et ses conséquences. Et vous soulignez bien l’avènement de l’internet et de son interactivité qui a permis une large diffusion d’expériences, d’idées et d’opinions qu’on retrouvait rarement sur les grandes chaines de télévision.

    S’il reste du chemin à parcourir, les choses bougent. Une nouvelle génération nombreuse de réalisateurs et de producteurs de vidéos et d’émissions télévisées est en train de se préparer par l’utilisation massive des appareils photos/vidéos et des téléphones avec caméra. Puissions-nous les encourager à se regrouper en coopératives de production ou à joindre celles qui existent déjà, et à se transformer en entrepreneurs sociaux!

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