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De but en blanc,Hervé Kempf affirme que l’oligarchie règne sur le monde actuel.   L’oligarchie y est démontrée, chiffrée, emmurée , dans une société où  l’argent et le marché sont les vertus.  Rien de vertueux pour Kempf.. surtout pas la vertue elle-même,  critère à éviter pour choisir le meilleur mode de  gouvernance !  

  L’Homme vertueux…Le chapitre second est une démonstration chiffrée de l’existence de cette oligarchie à la gouverne du monde actuel.  Tous les Hommes sont bons, c’est le système qui les dépraveraient et les rendraient mesquin, expose Kempf, en référence à Hérodote.  Le coeur de sa démonstration repose sur une hausse sans précédent des écarts entre les plus riches et les plus pauvres à partir des années 1980.  Kempf parle  de « démocratie sans le peuple« , les puissants décidant entre eux du sens de l’humanité.  C »est au sein du Forum économique mondial, réuni à Davos, que  l’oligarchie se manifeste le plus clairement.  Outre les grands détenteurs de capitaux, on y retrouve les médias, syndicats, ONG, universités et acteurs politiques. Ces oligarques seraient à la source du développement de l’endettement et de la spéculation qui s’ensuit, responsables qu’ils sont de la crise de 2007.  Hervé Kempf expose comment les oligarques s’y prennent pour y arriver.  Et il boucle la boucle sur deux valeurs qui guident le monde; l’argent et le marché.  C’est ainsi que Kempf conclut sur l’échec de l’Homme vertueux.  

Je questionne  …  En premier lieu, ce basculement de la victoire des oligarques laisse supposer que tous les modes de gouvernance d’entreprises se valent. Je maintiens que non. En second lieu, l’auteur suggère que  l’effritement de la cohésion des salariés en plusieurs groupes éparses, explique la perte de démocratie.  Selon moi, la réalité diffère.  Je m’explique.

 « Des » modes de gouvernance  d’entreprises.   Le 26 janvier dernier, mon attention était attirée par un article  paru dans Le Devoir, section « Économie » intitulé: Yvan Allaire propose une petite révolution aux grands de ce monde.  .On y lit que le président du conseil de l’Institut sur la gouvernance d’organisations privées et publiques (IGOPP), Yvan Allaire, dépose 11 propositions destinées à être discutées au Somment économique de Davos du 26 au 30 janvier.   Les recommandations visaient à dépasser le diktat du court terme imposé par le marché et à transformer les entreprises en agents créateurs de valeurs à long terme pour l’ensemble de la société.  16 leaders mondiaux des milieux des affaires américain, européen et asiatique ainsi que du milieu universitaire faisaient partie du groupe de travail. Monique Leroux, présidente et chef de la direction du Mouvement Desjardins,soit la grande coopérative financière au Québec, est l’une des personnalités québécoises  à siéger au sein de ce comité.  Que signifie « penser à long terme » pour l’entreprise ? Cela suppose nécessairement deréfléchir sur la vision d’un projet de société  ! Pour l’entreprise dont le mode de gouvernance est à très court terme, voir loin remet en cause la dérèglementation des marchés prévalant à partir des années 1980. Car, même si elles sont toutes dans le marché, les entreprises ne réfèrent pas toutes au seul  modèle de gouvernance capitaliste.  Le Québec, par exemple, renferme des modèles de gouvernance d’entreprises fort diversifiés.  On y retrouve des  sociétés d’État, des grandes et petites coopératives, des organismes à but non lucartifs, des pme et de grandes entreprises.  Sur le plan économique, le Québec a mieux traversé la crise que ses voisines, les provinces et les États-Unis.  Pour leur part, les coopératives, comme les société d’État, sont tenus d’appliquer des règlementations qui protègent les citoyens ou les membres, dans le cas des coopératives.  Ces modèles se caractérisent par un encadrement juridique qui repose sur des valeurs de bien commun ou sur la réponse aux besoins.  Ainsi, la pluralité des modes de gouvernance d’entreprises, ou si l’on veut, des modèles d’entreprises, constitue en soi une transformation « de l’intérieur ». Cette diversité de formes de gouvernance reflète une pluralité de valeurs mais aussi, comme le démontre clairement l’entreprise coopérative, la mise en place de lois et de règles confirmant les valeurs  choisies. 

 Deuxièmement, la plate-forme citoyenne.  À partir des années soixante, l’idée maitresse portant sur le changement social est qu’il découle principalement de l’action des mouvements sociaux; syndicats, mouvements communautaires, groupement de femmes, etc.-Selon Kempf, ce contre-pouvoir se serait effrité ou encore, ferait  aujourd’hui partie du groupe des  oligarques,.  À mon sens, cette analyse réduit la réalité en occultant certains phénomènes susceptibles de définir l’avenir.   Des enjeux font consensus dans la société actuelle alors .  Il existe que les plate-formes citoyenne se multiplient, qui sont des  lieux de mobilisation, tant pour les citoyens, que pour les groupes d’intérêts. Les enjeux du vieillissement de la population, les politiques environnementales et l’équilibre écologique,  l’avenir de nos territoires ou de la relève et l’immigration dans les pays occidentaux sont tous des défis qui touchent l’ensemble des groupes et de la société.    Des acteurs d’origine multiples se prononcent sur ces enjeux et défis.    L’heure est aux propositions.