Propos sur la tentation autoritaire Chapitre premier

Publié: 16 février 2011 dans Uncategorized

La dernière page était fermée.  Je venais de terminer le livre de Kempf Pour sauver la planète, sortez du capitalisme ! C’était l’an dernier  début 2010.  J’ai retenu deux choses de ce premier contact avec la pensée de Kempf.  Un, si j’avais lu ce livre à 23 ans, Emmanuel et Sophie n’auraient pas foulé ce monde.  Je n’aurait pas eu d’enfants.  La planète n’en valait pas la peine, le monde étant corrompu, décidé par des possédants et la tâche trop ardu.  De toute façon, nous nous dirigions vers la catastrophe, l’être humain vers sont autodestruction, chiffres à l’appui.  Secondo, que la coopération rend heureux.  Ah tient ! Un soupçon d’espoir.  Quelques petites pages que j’ai lu  lentement, pour me réconforter.   Kempf  raconte qu’il traversait le fleuve St-Laurent, de Québec à Lévis, sur le traversier lorsque lui vint l’inspiration d’un autre monde possible: un monde passant par la coopération.  De fait, sur le traversier entre Québec et Lévis figure une modeste exposition sur l’historique de la coopérative financière Desjardins.  On y trouve quelques vieilles photos de travailleurs (1906) désireux de prendre leur destinée en main, une autre photo d’Alphonse Desjardins lui-même, seul, devant son bureau de travail, une photo d’Omer Gouin pas très loin, premier ministre du début du siècle, s’étant assuré d’introduire les mesures légales pour soutenir le développement des caisses populaires.  Toutes les conditions y étaient; le peuple, un leader, un appui politique.  OUF ! Cette modeste exposition sur le traversier a donné une lueur d’espoir aux propos noirs de Kempf.  La coopération rend heureux !  Et Kempf d’expliquer que la coopérative est un modèle intéressant.  Pour moi…. coopératrice dans l’âme, le salut du monde était assuré.  OUF ! 

Passons donc au dernier né d’Hervé Kempf; L’Oligarchie ça suffit, vive la démocratie.  

En exorde du volume, un très beau texte  porte sur le miracle grec, celui où naquit l’idée dans l’esprit des hommes que ni la nature, ni le divin, ne devaient décider du sort des êtres humains. 

Propos de Kempf  sur le chapitre premier intitulé; La tentation autoritaire.  C’est un avertissement que Kempf sert au lecteur: la démocratie est en danger, les discours de tous les groupes le démontrent.  Différents groupes de la société proposent un discours qui remet en cause la démocratie.  Pour les « verts »,  les États agissent en fonction de leurs électeurs qui ne veulent pas des mesures trop contraignantes pour protéger la planète.  Puisque les élus visent leur réélection, ce ne sont pas les élus qui prendront les mesures qui s’imposent.  Il faut donc que les bien-pensants détiennent un pouvoir  pour éviter la catastrophe écologique annoncée.  Pour les détenteurs de capitaux, les riches, une saine économie conduit au bien-être collectif.. au bonheur.  Il faut donc que l’État n’intervienne pas à « contre-sens » de la croissance économique.  Une classe économique doit donc décider -Kempf réfère ici à la Trilatérale pour documenter cette position.  Pour dire finalement que plusieurs discours actuels remettent en question l’intelligence collective, et que ces discours passent plutôt bien, trop bien, beaucoup trop bien.  Prenant à partie les écrits de Joseph Schumpeter (1947), Kempf décrit la pensée derrière cette justification qui propose que la « stupidité collective » justifierait le contrôle et le pouvoir d’un groupe sur la société toute entière. Fait à noter, pour Kempfs, les syndicats y figurent aussi comme une puissance économique parmi les groupes dominants.

Propos de Marie-Joëlle Brassard sur le chapitre premier La tentation autoritaire J’ai pensé immédiatement à Jonh Keneith Galbraith – Le Nouvel état inustriel: 1967 – qui a analysé les mutations du système économique depuis les années 50. Galbraith pose une analyse critique du capitalisme, mais sous un angle différent.  Ce que soutient Galbraith, c’est plutôt que les décisions n’appartiennent pas plus aux élus qu’aux détenteur de capitaux, mais plutôt à une catégorie de gens qui se distinguent et s’imposent par leurs connaissances technologiques et organisationnelles: les gestionnaires (ou managment).  Il s’agit de la technostructure, terme inventé par Galbraith. Il s’agirait d’une technocratie économique que l’on retrouve dans tous les groupes de la société.  En fin de compte, il n’y aurait plus de démocratie depuis longtemps, pas même pendant la belle période de mobilisations marquée par « mai 68 », soulignée par Kempf.  En dernière instance  Galbraith précise que l’État sert les intérêts de la grande entreprise en maintenant la demande par ses mesures de soutien aux démunis, ce qui est typiquement keynésien, on s’entend !

Comme je suis optimiste, et qu’il serait trop cruel de vivre si la démocratie n’existait pas ou plus, j’introduis une interrogation…  pour alimenter la réflexion.  La démocratie ne serait-elle pas possible qu’à petite échelle ?  Prenons l’exemple du modèle coopératif, soit une entreprise dirigée par ses membres, ces derniers disposant d’un pouvoir égal pour chacun, indépendamment du capital détenu, reposant sur une redistribution équitable des revenus, et dont le socle est la solidarité.  Imaginons une multitude de ces entreprises coopératives qui exercent des activités dans tous les secteurs d’activités, en respect des valeurs démocratique et d’égalité ! La démocratie existerait-elle alors de façon diffuse, dans les pratiques quotidiennes ?   

CHERS LECTEURS. je vous pose une question:  La démocratie peut- t-elle résulter d’une multitude de petites expériences, dans les pratiques,  ici et là, expériences qui transforment le monde « sous l’eau qui dort » ?  Ou autrement, vivons-nous dans un monde ou l’exercice de la démocratie est un leurre du fait qu’elle est « détenue » par les grandes puissances ?

À vous la parole !

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